Les représentants de l’association Eau et
Rivières se sont félicités mercredi des prises de position du préfet
dont une note confidentielle mettant en cause les pratiques agricoles
dans le phénomène des algues vertes vient d’être révélé. Loin de
désigner les agriculteurs comme principaux responsables, l’association
regrette toutefois une prise de conscience tardive et met d’abord en
cause la responsabilité des pouvoirs publics qui ont appliqué la politique de l'autruche.
“Il est dommage que le préfet ne prenne conscience de la
nécessité de changer les pratiques agricoles qu’après les nombreuses
mises en garde de l’association”, a déclaré son porte-parole Jean-François Piquot qui dénonce également “un système de production qui a engendré des pratiques” et “la responsabilité de l’Etat qui a permis des concentrations (d’élevages NDLR) ingérables”.
“On ne peut que se réjouir que les constats et l’analyse du préfet rejoignent aujourd’hui ceux des associations, ajoute Gilles Huet, délégué général d’Eau et Rivières. Le
seul bémol qu’on peut y mettre c’est qu’il n’est jamais question dans
le rapport qui a été publié de la politique agricole commune (PAC) qui
a façonné les pratiques agricole en Bretagne. De même il n’est nulle
part fait mention dans cette note du Grenelle de l’Environnement, comme
si celui-ci n’existait pas”.
L’association rencontrait ce
mercredi après-midi à Rennes la mission interministérielle “algues
vertes” pour lui faire part de ses propositions dans la lutte contre
ce fléau.
“Jusqu’à présent, on a consacré l’essentiel des moyens
à atténuer les effets des marées vertes sans améliorer la qualité de
l’eau et tous les plans ont échoué, souligne Gilles Huet. Il
faut désormais passer du curatif au préventif et introduire davantage
de considérations environnementales dans l’agriculture. On a besoin
d’une rupture”
L’association estime ainsi qu’il faudrait désormais consacrer “dix fois plus d’argent public à l’amélioration de la qualité des eaux qu’à la gestion des algues”.
“sous-produit
direct d’un modèle agricole et d’une fomidable concentration animale
favorisée et encouragée par l’inertie et la frilosité des pouvoirs
publics”, la prolifération des marées vertes ne peut être combattu
que sur la durée, ajoute Eau et Rivières, avec un programme d’actions
d’une dizaine d’années. L’association préconise, entre autres, des
mesures d’aides à la réduction des cheptels, le soutien au développment
des “exploitations à haute valeur environnementale”, la
transformation des parcelles en bordure de cours d’eau en prairies ou
encore la réforme des modalités d’aides de la PAC. Pour financer un
plan d’action, Eau et Rivières propose également “l’instauration d’une contribution financière des fabricants d’engrais azotés" Et insiste sur la nécessité de faire respecter les réglementations.
“Un
seul exemple, on a relevé quatorze infractions à la législation sur la
plate-forme de traitement des algues vertes d’Hillion dans les Côtes
d’Armor, indique Gilles Huet. A commencer par le tonnage des algues traitées qui était dix fois supérieur a celui qui était déclaré”.
En attendant, le délégué général d’Eau et Rivières se réjouit encore de la note confidentielle du préfet en le remerciant “de sa contribution à la prise de conscience collective”.
PHA